3 mois, c’est le délai prévu par l’article R322-5 du Code de la route pour modifier la carte grise si un héritier conserve et utilise le véhicule après un décès. Juridiquement, la voiture ne revient pas automatiquement à la personne qui la garde, car elle entre d’abord dans la succession et relève de l’indivision jusqu’au partage ou à l’attribution formalisée.
La réponse varie selon le testament, le régime matrimonial, l’existence de cohéritiers, l’usage du véhicule après le décès, ainsi que la présence éventuelle d’un crédit ou d’un leasing. Les règles exposées ci-dessous reprennent les positions administratives de Service-public, vérifiées le 13/01/2025, ainsi que les formalités ANTS et les principaux cas pratiques de cession ou d’immatriculation.
- 💡 La voiture entre dans la succession tant que le partage n’a pas attribué le bien à une personne déterminée
- 💡 Le testament peut primer pour désigner l’attributaire du véhicule, sous réserve des droits successoraux applicables
- 💡 La vente exige un accord suffisant et des justificatifs tels que l’acte de notoriété, l’attestation notariale ou le certificat d’hérédité
- 💡 Le délai de 3 mois conditionne le changement de carte grise quand un héritier conserve et utilise le véhicule
À qui revient la voiture en cas de décès ?

Le véhicule entre d’abord dans la succession et l’indivision
À l’ouverture de la succession, le véhicule rejoint l’actif successoral comme n’importe quel autre bien meuble. Tant qu’aucun partage n’est intervenu, les héritiers détiennent collectivement des droits sur la voiture dans le cadre de l’indivision, ce qui interdit à l’un d’eux de s’en attribuer seul la propriété ou d’en disposer librement.
Cette règle explique pourquoi la personne qui détient matériellement les clés n’acquiert pas, pour autant, un droit exclusif sur l’automobile. Les données administratives de Service-public, vérifiées le 13/01/2025, confirment qu’un bien du défunt reste soumis aux règles successorales jusqu’à régularisation, qu’il s’agisse d’une conservation, d’une cession ou d’une mise à jour du certificat d’immatriculation.
Testament et legs de véhicule
Lorsqu’un testament attribue expressément la voiture à une personne, cette volonté oriente l’attribution du véhicule dans le règlement de la succession. Cette priorité ne supprime toutefois ni les vérifications du notaire, ni l’analyse des droits réservataires, ni les éventuelles difficultés d’interprétation lorsqu’un legs reste imprécis ou contradictoire.
Dans la pratique, un legs de véhicule permet d’identifier plus rapidement l’attributaire, mais il ne dispense pas des formalités probatoires. L’acte de notoriété ou l’attestation du notaire demeure fréquemment nécessaire pour l’ANTS, pour l’assureur et, le cas échéant, pour la vente du bien si le bénéficiaire ne souhaite pas conserver le véhicule.
Que faire si le défunt n’a laissé aucun testament ?
En l’absence de testament, la dévolution légale détermine les droits respectifs du conjoint, des enfants, puis, selon les cas, des ascendants ou collatéraux. Le véhicule n’est donc pas attribué d’emblée à un héritier déterminé, puisqu’il appartient collectivement aux ayants droit jusqu’à une décision de partage ou à un accord écrit entre eux.
Une question publiée par Marjorie sur Yahoo, le 05/05/2025 dans un contenu relayant l’analyse d’une notaire, illustre ce point récurrent : l’ouverture de la succession chez le notaire ne confère pas automatiquement à un membre de la fratrie le droit de rouler avec la voiture ou d’en revendiquer seul la propriété.
Le conjoint peut il devenir titulaire de la carte grise ?
Véhicule au nom des deux époux
Lorsque la carte grise porte les deux noms, le conjoint survivant devient seul propriétaire du véhicule et procède essentiellement à une actualisation du titre. Ce cas se distingue nettement d’une voiture immatriculée au seul nom du défunt, pour laquelle l’analyse successorale reste nécessaire avant toute attribution définitive.
Cette situation simplifie les démarches, car la titularité matérielle du certificat d’immatriculation reflète déjà une propriété partagée ou reconnue entre époux. Le conjoint n’échappe pas pour autant aux justificatifs administratifs, notamment l’acte de décès et les pièces permettant à l’ANTS de mettre à jour le dossier du véhicule dans des conditions régulières.
Mariage, régime matrimonial et droits sur la voiture
Le régime matrimonial modifie sensiblement la répartition des droits sur la voiture. Sous un régime de communauté, le conjoint survivant possède déjà la moitié du bien, tandis que l’autre moitié intègre la succession ; sous séparation de biens, le conjoint suit davantage la logique applicable aux autres héritiers pour devenir propriétaire exclusif.
La présence d’une option successorale, en usufruit ou en pleine propriété, ajoute une variable supplémentaire à l’attribution finale. Il ressort de la pratique notariale que la qualification du bien, l’origine de son financement et la composition familiale influencent directement la quote-part du conjoint, ce qui justifie souvent une vérification préalable par le notaire avant toute demande d’immatriculation.
Quand la voiture appartient à l’indivision entre héritiers
Options pour partager ou attribuer la voiture entre héritiers
Lorsque plusieurs héritiers recueillent la succession, la voiture peut être vendue puis son prix réparti, attribuée à l’un d’eux avec compensation financière, ou conservée temporairement en indivision. Le choix dépend de la valeur du véhicule, de son utilité pour un héritier et de la capacité des cohéritiers à formaliser un accord écrit exploitable devant l’ANTS ou un acquéreur.
Si un seul héritier conserve le bien, les autres peuvent signer une lettre de désistement ou laisser le notaire constater leur accord. Cette trace écrite réduit le risque de litige ultérieur et correspond aux recommandations pratiques récurrentes des sources juridiques consultées, notamment lorsque la voiture doit ensuite faire l’objet d’une nouvelle immatriculation ou d’une cession à un tiers.
Que faire en cas de contestation entre héritiers
Une contestation bloque fréquemment la vente ou l’attribution du véhicule, car un cohéritier ne peut pas, en principe, signer seul un acte de disposition pour l’ensemble de l’indivision. Dans cette hypothèse, l’intervention du notaire devient structurante afin d’identifier les droits de chacun, d’établir l’acte de notoriété et, si nécessaire, d’orienter le dossier vers une solution contentieuse.
Certaines sources privées évoquent la possibilité d’une cession avec une majorité de 2/3 des droits indivis, mais cette donnée dépend étroitement de la situation juridique exacte et ne dispense pas d’une vérification notariale. Lorsqu’un conflit persiste, l’absence de document unanime ou suffisamment sécurisé empêche souvent l’ANTS de traiter un changement de titulaire ou complique la signature régulière du certificat de cession.
Peut on conduire la voiture avant le changement de carte grise ?
Assurance et responsabilité lors de l’utilisation après décès
L’usage de la voiture après le décès n’est pas libre pour un héritier isolé, puisque l’accord des autres ayants droit reste normalement requis tant que la succession n’est pas réglée. Si un héritier souhaite conserver et conduire le véhicule, il doit demander le changement de carte grise dans le délai de 3 mois prévu par l’article R322-5.
L’assurance constitue un second niveau de contrainte, car toute personne qui conduit doit être régulièrement assurée. Les informations pratiques disponibles soulignent qu’il faut vérifier rapidement le contrat en cours, l’identité du conducteur déclaré et la responsabilité effective en cas de sinistre, faute de quoi l’utilisation du véhicule peut exposer les héritiers à un refus de garantie ou à un recours de l’assureur.
La règle des trois mois connaît toutefois une articulation particulière avec la vente. Il reste possible de céder le véhicule sans changement préalable de carte grise si la cession intervient dans les 3 mois suivant le décès, ou si la voiture n’a pas circulé sur la voie publique depuis le décès, sous réserve de produire les attestations requises.
Quels documents faut il pour obtenir la carte grise d’un véhicule hérité ?
Démarches ANTS et pièces justificatives nécessaires
La procédure s’effectue sur le site de l’ANTS, via FranceConnect, en sélectionnant la rubrique d’actualisation du certificat d’immatriculation à la suite d’un décès ou d’un héritage. Le dossier exige, selon les cas, le cerfa n°13750, l’ancienne carte grise, un justificatif de domicile de moins de 6 mois et la pièce établissant la qualité d’héritier.
Parmi les justificatifs admis figurent l’acte de notoriété, l’attestation du notaire ou, dans certaines successions simples, le certificat de décès accompagné d’une attestation collective des héritiers certifiant l’absence de testament, d’autre héritier, de contrat de mariage et de litige. En cas de cohéritiers, l’ANTS peut aussi exiger une lettre de désistement ou un certificat notarié constatant leur accord.
Si le véhicule a plus de 4 ans, la vente impose en outre un contrôle technique de moins de 6 mois. Pour certaines cessions après décès, s’ajoutent le certificat de cession cerfa n°15776*02, l’acte de décès et, lorsque le véhicule n’a pas circulé depuis le décès, une attestation sur l’honneur en ce sens, signée par l’héritier ayant eu la garde juridique du bien.
Rôle du notaire dans l’attribution de la voiture
Le notaire joue un rôle central dès qu’un testament, un bien immobilier, un patrimoine important ou un désaccord entre héritiers complexifie la succession. Il identifie les héritiers, établit l’acte de notoriété, mentionne la présence du véhicule dans la succession et peut formaliser l’accord permettant soit l’attribution à un héritier, soit la vente à un tiers.
Cette intervention sécurise la chaîne documentaire, ce qui réduit le risque de refus administratif. Elle permet également d’intégrer correctement la voiture dans la déclaration de succession et d’éviter une cession irrégulière, laquelle serait illicite si la personne qui vend ne détient pas, au préalable, les droits ou justificatifs nécessaires pour agir au nom de la succession.
Tous les héritiers doivent ils donner leur accord pour vendre la voiture ?
Faut-il changer la carte grise avant la vente
La vente d’une voiture dépend d’abord de la qualité du vendeur et du calendrier. Si un héritier unique est désigné par certificat d’hérédité ou acte de notoriété, il peut vendre seul ; à l’inverse, en présence de cohéritiers, tous doivent normalement consentir à la cession ou mandater un représentant chargé de signer pour leur compte.
Le changement préalable de carte grise n’est pas systématique. Les règles administratives admettent une vente sans immatriculation au nom des héritiers lorsque la cession intervient dans les 3 mois suivant le décès, ou lorsque le véhicule n’a pas circulé depuis cette date ; en dehors de ces hypothèses, une régularisation du titre devient généralement nécessaire avant la cession.
Délais et règles des trois mois pour la vente ou le transfert
Le seuil de 3 mois structure à la fois l’usage et la cession du véhicule. Pour conserver et utiliser la voiture, l’héritier attributaire doit changer la carte grise dans ce délai ; pour vendre sans changement préalable, il faut céder avant l’échéance ou démontrer la non-circulation du véhicule depuis le décès au moyen d’une attestation sur l’honneur adaptée.
Si la carte grise a été perdue, la vente ne peut pas être menée comme si le titre existait encore. Les sources pratiques indiquent qu’il faut d’abord refaire l’immatriculation ou obtenir la régularisation équivalente, faute de quoi le dossier de cession restera incomplet, avec un risque de blocage pour l’acheteur lors de sa propre démarche d’immatriculation.
Que faire si le véhicule est encore sous crédit ou leasing
Un crédit automobile en cours modifie la lecture patrimoniale du véhicule, car la valeur utile à retenir correspond généralement à la valeur marchande diminuée du capital restant dû. Les héritiers doivent donc vérifier, auprès de la banque et de l’assureur, l’existence d’une assurance décès susceptible d’éteindre tout ou partie de la dette attachée au financement.
Dans un schéma de leasing ou de location avec option d’achat, la voiture n’appartient pas nécessairement au défunt en pleine propriété au jour du décès. Il faut alors examiner le contrat pour identifier le propriétaire juridique, les pénalités éventuelles, les possibilités de transfert ou de résiliation, ainsi que les conséquences sur la succession, qui peut ne porter que sur les droits contractuels et non sur la propriété du bien.

Faut il payer des droits de succession sur une voiture ?
Comment est estimée la valeur d’un véhicule en succession
La voiture doit figurer dans l’actif de la succession, ce qui signifie que sa valeur entre dans l’assiette globale servant au calcul des droits dus par les héritiers. Cette logique s’applique aussi aux véhicules de collection, tandis que, pour une voiture vendue aux enchères, le prix d’adjudication constitue une référence concrète pour l’évaluation retenue.
Les sources recommandent de croiser plusieurs méthodes d’estimation, notamment la cote Argus et les prix observés sur La Centrale ou des plateformes comparables. Cette approche réduit le risque de sous-évaluation ou de contestation fiscale, surtout lorsque l’état du véhicule, son kilométrage, sa motorisation ou sa rareté créent un écart significatif entre cote théorique et valeur de marché réelle.
Comment déclarer le véhicule dans la déclaration de succession
Le notaire, lorsqu’il intervient, intègre la valeur du véhicule dans la déclaration de succession avec les autres éléments d’actif. Si le dossier reste simple et traité sans notaire dans certains volets pratiques, les héritiers doivent malgré tout signaler l’existence de la voiture et conserver les éléments justificatifs de son estimation, car l’administration peut en demander la cohérence.
La déclaration exacte du véhicule présente un double intérêt, patrimonial et contentieux. D’une part, elle permet de calculer correctement les droits ; d’autre part, elle donne une base objective pour répartir la charge ou l’avantage entre héritiers lorsqu’un seul conserve la voiture, en évitant qu’une attribution sous-évaluée ne déséquilibre le partage de l’ensemble de la succession.
Le point décisif ne réside pas seulement dans l’identité de l’héritier, mais dans la capacité à prouver juridiquement l’attribution du véhicule et à respecter les délais d’usage, de vente et d’immatriculation. La coordination entre droit successoral, assurance et procédure ANTS détermine, en pratique, la validité de chaque opération.
Les dossiers simples se règlent rapidement lorsque les héritiers formalisent leur accord et documentent correctement la valeur du véhicule. À l’inverse, un crédit en cours, un testament imprécis ou un conflit d’indivision transforme une formalité de carte grise en question successorale complète.





